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F.A.Q

Questions & objections à propos de l'éthique minimale et de ce site

Questions sur l’éthique minimale

J’ai lu que la théorie n’avait plus qu’un ou deux principes. Est-ce le cas ?

C’est compliqué. Ruwen Ogien a bien affirmé que son éthique se limitait au seul principe de non-nuisance. Mais en réalité, il n’a jamais abandonné le principe d’indifférence morale du rapport à soi. Par contre, il est revenu sur le principe de considération égale. La théorie aurait donc 2 principes… Mais cela crée des problèmes.

En 2006, Ogien explique que le principe de non-nuisance doit être complété par un principe d’assistance. C’est pourquoi il ajoute le principe de considération égale à sa théorie.

Quelques années plus tard, il change d’avis. Ce principe d’assistance lui semble introduire un risque de paternalisme : il l’abandonne. La considération égale serait donc rejetée hors de l’éthique minimale.

Problème : le principe de considération égale n’est pas uniquement un principe d’assistance. Ogien soutient que c’est un composant central que toute théorie morale doit accepter par défaut.

La considération égale exprime « le point de vue moral ». On ne peut s’en débarrasser en claquant des doigts. Or, à ma connaissance, Ogien n’a jamais expliqué en détail ce revirement théorique.

Pour savoir pourquoi ce site conserve une présentation de l’éthique minimale en 3 principes, voir cette entrée de la FAQ

Source : La morale introuvable, in Raison publique 2017 / 02, « Du minimalisme moral », p.30. [permalien]

Les principes ont-ils toujours été les mêmes ?

Non.

Les premières versions de l’éthique minimale n’incluaient pas le principe d’indifférence morale du rapport à soi. Elles mobilisaient le principe de neutralité à l’égard des conceptions du bien.

La dernière version de la théorie semble rejeter le principe de considération égale. Ogien paraît même abandonner aussi l’indifférence morale du rapport à soi, mais ça n’est pas vraiment le cas.

Par ailleurs, la formulation des principes a évolué entre le début de l’éthique minimale et sa présentation détaillée dans L’éthique aujourd’hui. [permalien]

Qu’est-il arrivé au principe de neutralité à l’égard des conceptions du bien personnel ?

Les premières versions de l’éthique minimale incluaient le principe de neutralité à l’égard des conceptions du bien personnel. Il n’est désormais plus central, mais il reste présent. L’éthique minimale nous demande de rester neutre au regard de ces conceptions « dans la mesure où elles ne concernent que soi-même ». Une conception du bien personnel pourrait très bien inclure l’élimination physique des autres (voisins bruyants, automobilistes lents au feu rouge, etc.). L’éthique minimale n’incite alors pas à la neutralité. [permalien]

Qu’est-ce que l’éthique pour un minimaliste ?

Pour un minimaliste, l’éthique s’intéresse à la coexistence des libertés individuelles et à la coopération sociale équitable. Elle concerne les relations entre personnes non réglées par la menace et la force.

L’éthique ne cherche pas à répondre à des questions supposées « profondes » ou « existentielles ». Elle n’a pas non plus vocation à régenter tous les aspects de notre existence.

Source : L’éthique aujourd’hui, Ch. 4, p. 80 et Conclusion, p. 197
[permalien]

Toutes nos actions sont-elles soit morales soit immorales ?

Non. L’éthique minimale ne divise pas nos actions en « soit morales, soit immorales ». Elle ne les divise pas non plus en « soit morales, soit immorales, soit moralement neutres ».

La séparation se fait entre les actions immorales (qui violent les principes de non-nuisance ou d’égale considération) et toutes les autres (qui ne violent pas ces principes). Si une action n’est pas immorale, elle n’a « rien à voir » avec l’éthique. [permalien]

Y a-t-il des actions « morales » ou « moralement bonnes » ?

Non. L’éthique minimale demande juste de ne pas enfreindre les principes de non-nuisance et d’égale considération. Elle ne prescrit aucune action « positive » (donner aux pauvres, aider son prochain, etc.). Il n’y a donc pas d’action « morale » ou « moralement bonne » en éthique minimale.

Source : « Mon dîner chez les cannibales » in Mon dîner chez les cannibales, p. 90-91 [permalien]

Y a-t-il une différence entre « morale » et « éthique » ?

Non. L’éthique minimale utilise les 2 termes indifféremment. Contrairement à d’autres théories, elle ne fait aucune distinction entre « morale » et « éthique ».

Source : « Éthique et morale », in L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine, p. 312 et p. 9 note 1 [permalien]

Y a-t-il une différence entre « nuisance », « tort », « préjudice », et « dommage injuste » ?

Non. Toutes ces formulations sont équivalentes. [permalien]

L’éthique minimale a-t-elle une prétention à l’universalité ?

Oui, au sens où la prétention à l’universalité est un caractère fondamental de l’éthique en général. Mais aussi parce que le créateur de l’éthique minimale (Ruwen Ogien) n’est pas relativiste en morale. [permalien]

Peut-on faire plus minimaliste que l’éthique minimale ?

Oui et non.

Oui. Une théorie qui n’admettrait que le principe de non-nuisance serait plus minimaliste : elle serait constituée de moins d’éléments conceptuels.

Non. L’éthique minimale réduit la morale au rapport à autrui, alors que d’autres théories y incluent le rapport à soi-même. De ce point de vue, il est difficile de faire plus minimaliste.

Oui et non (en même temps). On peut réduire l’éthique à la non-nuisance et accorder une valeur au rapport à soi-même. Dans ce cas on est à la fois plus et moins minimaliste qu’Ogien. [permalien]

Questions sur le site

Pourquoi garder le principe de considération égale ?

J’ai écrit ce site avant que le texte où Ogien rejette le principe d’égale considération soit publié. C’était des semaines de travail. Je n’ai pas la force de tout reprendre pour adapter le site à la dernière version de la théorie.

Mais si je décidais de le faire, sur quoi pourrais-je m’appuyer ? À ma connaissance, il n’y a pas de texte détaillé où Ogien présente sa théorie mise à jour. Faute de mieux, je préfère en rester à une version bien documentée de la théorie, celle en 3 principes. [permalien]

Pourquoi ne pas présenter les arguments qui fondent l’éthique minimale ?

L’objectif est de faire découvrir l’éthique minimale, pas de remplacer la lecture d’Ogien – qui est plus drôle et plus passionnante que ce site web. Sérieusement, lisez Ogien, c’est aussi philosophique qu’hilarant. [permalien]

Y-a-t-il une bibliographie des ouvrages utilisés pour ce site ?

Oui ! C’est sur cette page. En bref, le site s’appuie sur L’éthique aujourd’hui et La panique morale, avec quelques éléments issus de La liberté d’offenser, de La vie, la mort, l’État, et de Mon dîner chez les cannibales. [permalien]

Quelle est la différence entre la section « Blog » et le reste ?

La section «  »Blog » est réservée aux contenus qui ne sont pas 100% ogieniens. Elle a vocation à contenir des analyses approfondies, des interprétations, des critiques ou des prolongations de l’éthique d’Ogien.

Le reste du site (la section « Pages » et cette FAQ) expose l’éthique minimale telle que Ruwen Ogien la présente lui-même, sans critique ni parti pris interprétatif. [permalien]

Qui fait ce site ?

Ce site est conçu et rédigé par Guillaume Gallais. Ex-étudiant en philosophie à Paris IV, je m’intéresse au travail de Ruwen Ogien sur l’éthique minimale depuis 2003. J’ai eu l’occasion au cours de mes études de faire des recherches sur l’éthique minimale et de rencontrer Ruwen Ogien pour discuter de La panique morale et des pré-versions de L’éthique aujourd’hui. Dans un autre registre, je suis aussi le créateur de Dicophilo.fr. [permalien]